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Accident nucléaire de la Centraco : mensonges avérés, le four contenait 4 tonnes de matériaux radioactifs et 500 fois plus de radioactivité que déclaré

Mensonges à tous les étages : le four accidenté qui a entraîné la mort d'un ouvrier, brûlé un autre ouvrier (sous-traitant ) à 85% et blessé plusieurs autres, contenait en fait 500 fois plus de radioactivité que l'exploitant ne l'avait déclaré et validé aussitôt par les autorités. Que valent dans ces conditions de manipulation de l'opinion publique les affirmations de non-diffusion de radioactivité dans l'atmosphère? D'autant, que l'Autorité de Sureté Nucléaire déclare à présent qu'elle ne publiera pas de données chiffrées du fait de... l'enquête judiciaire en cours! Une version nouvelle du secret défense?

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L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avoue que ses vérifications ont démontré que le four contenait près de 500 fois plus de radioactivité que la Centraco-Socodei, filiale d'EDF, ne l'avait déclaré initialement. Le four contenait véritablement une charge d'environ 4 tonnes de métal radioactif pour une activité de l'ordre de 30 MBq (mégabecquerels) et non de 63 kBq (kilobecquerels) comme affirmé officiellement. Le local dans lequel se trouve le four a été endommagé.

Pourquoi une telle sous-évaluation? pourquoi l'exploitant refuse-t-il de communiquer l'origine civile ou/et militaire des déchets radioactifs retraités?

De deux chose l'une:

soit la sous-évaluation de la radioactivité des déchets relève d’une volonté de masquer l'activité réelle de la Centraco, et d'éventuels retraitements bien au-delà des autorisations officielles délivrées et cela démontre que le lobby nucléaire s'affranchit allègrement du droit commun et de ses obligations et pratique ouvertement le mensonge;

soit cette sous-évaluation démontre un défaut de maîtrise de la chaîne complète du traitements des substances radioactives et de leur contrôle et cela démontre le peu de fiabilité de la filiaire nucléaire à tous les niveaux et l'impossibilité de sécuriser l'insécurisable.

Avec le classement de l'accident par l'ASN au niveau 1 (sur 7) de l'échelle internationale des événements nucléaires (INES) les propos officiels du gouvernement affirmant qu'il s'agissait d'un accident "industriel" et non-pas nucléaire apparaissent aussi pour ce qu'il sont : un mensonge éhonté.D'autant que l’ASN a décidé de soumettre à autorisation préalable le redémarrage des fours de fusion et d’incinération.

Rappelons que le ministère de l’Intérieur affirmait le 12 septembre, quelques heures après l'accident mortel, par la voix de son porte-parole Pierre-Henry Brandet : "Il n’y a pas de rejet (radioactif) en interne ni en externe. Aucune mesure de confinement ou d'évacuation des salariés n’a été nécessaire,... les blessés n'ont pas été contaminés et la personne décédée est morte dans l'explosion, les balises n'ont relevé aucune activité radiologique".

Pourtant des mesures indépendantes de radioactivité, réalisées par des citoyens, ont fait apparaître en aval du site de la Centraco des niveaux de radioactivité supérieurs de 4 à 8 fois le niveau des jours et heures précédents.

Le Collectif antinucléaire de Vaucluse demande à l'Autorité de Sureté Nucléaire d'appliquer la loi qui garanti l’accès du public aux informations

Par lettre recommandée adressée le 24 septembre2011 (soit 3 jours avant les révélations) au Président de l'ASN, le Collectif antinucléaire de Vaucluse (CAN84) demandait l'application des dispositions législatives et réglementaires qui garantissent l’accès du public aux informations relatives à l’environnement et aux pollutions susceptibles de l’affecter. Le CAN84 listait pas moins de 12 points suspects et litigieux dont le contenu du fours et des matériaux traités, leur niveau de radioactivité, leurs origines civiles et militaires, les clients en cause,...

Quels liens entre la Centraco et la SMTI de Bollène?

S'appuyant sur des investigations et des avis de physiciens et spécialistes, le CAN84 entend mettre en lumière l'origine du taux de radioactivité anormal détecté le 12 septembre après l'accident de la Centraco en plusieurs lieux de Vaucluse, du Gard et de l'Hérault, et ses incidences négatives sur la santé des populations.

L'origine et la nature des déchets nucléaires traités sont déterminantes, surtout lorsque l'on découvre que la Centraco était alimentée en déchets par une autre filiale d'Areva implantée à Bollène, la SMTI (Société des Techniques en Milieu Ionisant), qui depuis plus de 5 ans fait l'objet de dysfonctionnements, de non-déclaration, de non respect des autorisations préfectorales et d'obligation réglementaire, de modifications des installations,...

La SMTI dont Areva a révélé la semaine passée qu'elle accueillerait (ou accueillait) des déchets radioactifs d'anciens sites nucléaires du Limousin à l’abandon depuis près de 10 ans et notamment ceux de l'ancien laboratoire de recherche sur la commune de St Sylvestre (site de Fanay). Ce site largement contaminé comporte plusieurs bâtiments et abritait en particulier un ancien appareil particulièrement dangereux, un « générateur de radon ».

Celui-ci fut déplacé temporairement le 13 octobre 2010 sur un site industriel de Bessines pour 6 mois, en attendant de lui trouver un exutoire définitif. Pourtant en mai 2011, la société demandait le renouvellement pour 6 mois de plus de ce stockage temporaire, et envisageait comme solution pérenne, soit un hypothétique site de l’ANDRA (... qui n’ouvrira pas avant 2014), soit le site de Bessines, après demande d’ une nouvelle autorisation ICPE (avec étude d’impact, enquête publique, etc). Mais, coup de théâtre, Areva a finalement annoncé le 28 septembre que c'est la STMI de Bollène (filiale d’Areva), qui en hérite pour traitement.

Un cocktail explosif de matières et de matériaux radioactifs?

L'association "Sources et Rivières du Limousin" qui dénonçait déjà le 28 mai 2010 l'attitude d'Areva vient de porter à nouveau plainte contre la société pour non respect de la mise en demeure de dépolluer le site avant le 30 juin 2011.

Alors qui avait-il exactement dans le four de la Centraco qui a explosé et provoqué la mort de José et les terribles blessures du second salarié et que manipule réellement ce site de retraitement de déchets nucléaires? Un cocktail explosif de matières et de matériaux radioactifs venus tant des installations militaires et civiles de Marcoule mais aussi de sites en déshérence ou pas d'Areva, du CEA, de EDF et d'autres inconnues ?

On voit bien que les ramifications multiples du lobby nucléaire et le simple énoncé de ses sociétés et filiales et sous-filiales en tout genre (Centraco filiale de la Socodei, elle-même filiale d'EDF, traitant les déchets de Areva, du CEA, d'EDF, et alimenté partiellement par la SMTI filiale d'Areva) ne relève pas à proprement parler de la transparence et de la sécurité des biens et des personnes.

Souhaitons que rapidement l'enquête judiciaire mette à jour les nombreuses zones d'ombres qui planent sur cet accident nucléaire et que soit respecter un petit peu le droit de savoir des populations et des travailleurs.

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http://www.asn.fr/index.php/S-informer/Actualites/2011/Centraco-autorisation-prealable-au-redemarrage-des-fours-et-niveau-1-INES

la Lettre de l'ASN   et la réponse de la Socodei/Centraco

 

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