Deux inspections inopinées de l'ASN (Autorité de Sureté Nucléaire)  les 1er et 7 juin 2011 au Centre nucléaire (CNPE) de Tricastin - dont le réacteur n°3 se trouvait à l’arrêt depuis le 21 mai 2011 pour maintenance et rechargement en combustible nucléaire ("crayons") avec un redémarrage du réacteur prévu le 28 juin 2011 - ont révélées : des lacunes en matière de surveillance des activités sous-traitées ainsi que dans le respect des règles de radioprotection, des lieux sales et sans nettoyage bien que prévu règlementairement, le non-respect des plans de qualité lors des interventions, un balisage situé au dessus de la piscine du bâtiment réacteur (BR) non-conforme aux prescriptions radiologiques, une absence de saut de zone et conditions d’accès au chantier pas claires. 

Contrôlant les deux chantiers, qui étaient en cours au sein du local 3R749 et concernaient une intervention sur des vannes et des soupapes, les inspecteurs ont constaté des conditions de protections radiologiques différentes, les intervenants sur le deuxième chantier n’étant pas conscients de l’existence d’une zone orange généré par l'autre chantier d'autant qu'en sortie de zone jaune aucun appareil de contrôle (type MIP 10) n’était présent. L’équipe de la société réalisant l’intervention était composée de 3 intervenants dont 2 intérimaires dont le dossier ne prévoyait pas de gamme d’intervention. Dans ces conditions d'improvisation à risque, l’équipe d’ intervention est apparue hésitante pour faire face à un écart qui s’apparentait à... un grippage des écrous dont le risque n'était pas moins que de fragiliser la liaison supérieure du support.


Le redémarrage du réacteur n°2 : une autorisation qui n'a rien à voir avec la fiabilité

Quelque mois plus tôt, le réacteur n°2 de la centrale nucléaire du Tricastin avait été arrêté pour effectuer sa troisième visite décennale, du 15 janvier au 26 mai 2011. Au vue des problèmes et défaillances rencontrés alors, on ne peut que s'étonner que l'Autorité de sûreté nucléaire ait donné son accord au redémarrage du réacteur le 12 mai dernier tout en exigeant d'EDF de fournir dans les six mois un rapport rendant possible la poursuite de l'exploitation de ce réacteur.

Le contrôle d’absence de fuite sur le circuit primaire principal pendant l’épreuve hydraulique notamment sur les organes de robinetterie et les tuyauteries, les épreuve sur l’enceinte du bâtiment réacteur et le contrôle de la cuve du réacteur, les affichage d'informations radiologiques et de respect des conditions d'accès aux chantiers concernant le risque d’incendie. l'intégration d’un nombre important de modifications nécessaires à l’amélioration de la sûreté ont générées 5 événements significatifs pour la sûreté et 1 événement significatif concernant la radioprotection (classé au niveau 0 de l’échelle INES).

Deux mois plus tard l'inspection du 6 juillet 2011 (2) dans le bâtiment combustible du réacteur n° 2 (INB n°87/88) s'est portée sur l’examen des conditions de radioprotection liées aux interventions réalisées en zone contrôlée et notamment sur les instruments de mesure de la radioprotection ainsi que les actions de surveillances dans la gestion de ces appareils et les actions correctives mises en place à la suite des précédents événements significatifs déclarés par le site. Là encore, les inspecteurs ont jugé que le CNPE de Tricastin devait progresser fortement et constaté l'absence de suivi mensuel de l’ensemble des appareils de radioprotection et de leur bon fonctionnement bien qu'obligatoire ( chapitre 5 du référentiel radioprotection du parc en exploitation). Cet absence de contrôle de fiabilité des appareils ne garantissant pas la validité des mesures. Rien de moins!

Nous sommes bien loin des assurances et de l'aplomb du lobby nucléaire affirmant "qu'en France on a la meilleure technologie nucléaire et les procédures les plus en pointe dans le nucléaire". Ils jouent avec le feu, mettent en danger la population et la planète et osent encore parader. Il est grand temps de les empêcher de nuire. La seule attitude responsable, réaliste et nécessaire est la fermeture du site du Tricastin et l'arrêt immédiat du nucléaire. Avant qu'il ne soir trop tard.