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Gestion des stocks de Plutonium au CEA de Cadarache : une nouvelle roulette russe ?

Après les 39 kilos de plutonium "retrouvés" l'année dernière dans les stocks de l'Atelier de Plutonium au CEA de Cadarache, une nouvelle "erreur" de stock dans l'installation voisine...

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On se souviendra qu’en octobre 2009, le CEA avait déclaré « un écart d’évaluation de la rétention de Plutonium » au cours des premières opérations de démantèlement de l’ATPu (atelier de fabrication de MOX, combustible composé d’une mélange de dioxyde d’Uranium et de dioxyde de Plutonium, utilisé dans 20 réacteurs en France).


« L’écart d’évaluation » est plus que significatif. L’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) parle de 39 kilos de Plutonium « en trop », écart qui serait dû selon l’ASN à des erreurs de comptabilisation des stocks dans le logiciel CONCERTO.

Un an plus tard, le 28 octobre dernier, le CEA déclare une nouvelle « erreur », cette fois-ci au Laboratoire de Purification Chimique (de Plutonium), également en démantèlement.

Un fût qui aurait dû contenir 22 g de Plutonium, en contiendrait finalement 246 g, alors que l’ASN en autoriserait 100. L’écart serait à nouveau consécutif à « une erreur de paramétrage » (1) du même logiciel que celui en cause lors du précédent accident.

D’après la déclaration « d’incident » parue sur le site de l’ASN (1) : « Il en ressort que l’exploitant a immédiatement espacé les trois fûts selon la distance requise pour prévenir le risque de criticité », admettant ainsi qu’on avait une fois encore frôlé le désastre.

Un accident de criticité est dû au « déclenchement incontrôlé d’une réaction nucléaire en chaîne lorsqu’une masse de matière fissile trop importante est rassemblée au même endroit » (1).

Dans un rapport d’octobre 2009 de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) indique que « la masse critique du Plutonium est de quelques centaines de grammes lorsque les conditions de modération sont optimales ».

Rappelons qu’un microgramme de Plutonium inhalé à toutes les chances de provoquer un cancer du poumon dans les 10 années qui suivent, que le Plutonium ingéré se fixe sur les os et le foie et qu’il suffit de 6kg de Plutonium pour fabriquer une bombe artisanale.

Il tout à fait inadmissible que les méthodes d’évaluation des stocks de Plutonium s’effectuent avec moins de précision que ……la gestion de boîtes de conserve dans n’importe quel supermarché, mettant en danger permanent les travailleurs et les populations riveraines.

La seule solution : cesser immédiatement d’en produire !



(1) http://www.asn.fr/index.php/content/view/full/120366

 

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