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Les centrales nucléaires rejettent en permanence du Tritium : Danger!

Le fonctionnement des centrales électro-nucléaires et le cycle du combustible provoque des rejets radioactifs tandis qu'au coeur même des réacteurs nucléaires, le tritium est produit en permanence. La radiotoxicité du tritium apparaît aujourd'hui avoir été largement sous-évaluée. Or peu de travaux existent sur les effets à long terme, notamment génétiques, de la contamination par ce radio-élément. Les quantités de tritium produites par les centrales nucléaires sont extrêmement élevées de l'ordre de 8 .1011 becquerels par Mégawatt électrique produit. Le tritium étant un isotope de l'hydrogène, constituant de base de la molécule d'eau et de tous les êtres vivants, il diffuse très rapidement dans l'environnement où il est aisément assimilé par les organismes vivants.

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Au coeur des réacteurs nucléaires, le tritium est produit en permanence :

· dans l'eau du circuit primaire par activation neutronique des noyaux de lithium, de deutérium et surtout de bore qu'elle contient,
· au sein des éléments combustibles par fission ternaire des noyaux d'uranium et de plutonium.

Les quantités de tritium ainsi produites par les centrales électronucléaires sont extrêmement élevées (de l'ordre de 8 .1011 becquerels (3) par Mégawatt électrique et par an pour les réacteurs à eau pressurisée équipant l'essentiel du parc électronucléaire en France).

Dans le premier cas, le tritium produit est libéré dans l'environnement en totalité ou en partie, par les rejets d'effluents qu'ils soient liquides ou gazeux.

Dans le second cas, le tritium produit au sein des éléments combustibles y reste en général, 0,1 à 1 % du tritium produit peut être relâché  pendant le fonctionnement (Belot, 1996) et n'est rejeté dans l'environnement que lors du retraitement du combustible.

Ce sont alors les centres de retraitement comme la Hague et Marcoule qui conduisent au rejet dans l'environnement de la plus grande partie du tritium produit par les centrales électronucléaires.

Ces rejets sont alors effectués sur une zone restreinte du territoire qui peut subir une contamination d'autant plus élevée que la période physique relativement longue du tritium (12,26 ans) laisse s'opérer des phénomènes de concentration de ce radioélément dans l'environnement.

Le tritium gazeux rejeté dans l’atmosphère par les installations nucléaires se transforme par échange de phase en vapeur d’eau tritiée qui intègre le cycle de l’eau.

Ainsi par exemple, dans l'environnement de Marcoule (Codolet - Herboux) la CRIIRAD a relevé dans une eau de nappe 288 Bq/l de tritium (7).

Les rejets liquides affectent directement le système hydrologique dans lequel ils sont rejetés.

Radiotoxicité du tritium

Le tritium étant un isotope de l'hydrogène, constituant de base de la molécule d'eau et de tous les êtres vivants, il diffuse très rapidement dans l'environnement où il est aisément assimilé par les organismes vivants. Les rejets de tritium entraînent ainsi une contamination étendue à de nombreux compartiments : air, eau, chaîne alimentaire, conduisant à une exposition très diversifiée des populations.

Les normes de radioprotection concernant le tritium et appliquées en France ne prennent en compte que l'irradiation induite par l'ingestion ou l'inhalation d'eau tritiée.

Dans ce cas, le tritium est rapidement éliminé par l'organisme humain, sa période biologique étant d’environ 10 jours, et l'équivalent de dose engendré par l'absorption d'une quantité donnée de tritium est limitée par le fait que le temps de séjour du radioélément dans le corps humain est bref. C'est pourquoi les limites annuelles d'incorporation d'eau tritiée par le public sont très élevées : 55 millions de becquerels par an par inhalation ou par ingestion, faisant apparaître le tritium comme l'un des radioéléments les moins radiotoxiques

Mais la réalité est tout autre. En effet une partie du tritium ingéré sous forme d’eau est assimilé sous forme organique (10%). D’autre part il faut considérer le cas où le tritium existe déjà sous forme organique dans le milieu.

Des phénomènes liés à la photosynthèse dans le règne végétal et à d'autres mécanismes métaboliques dans le règne animal conduisent en effet à l'incorporation du tritium à certaines molécules organiques.

Le tritium sous forme organique a une période biologique plus longue qui peut aller de un mois à un an selon le type de liaisons chimiques. Lorsqu'il est intégré à certaines molécules organiques, telle la thymidine, le temps de séjour du tritium dans l'organisme humain est encore plus élevé (période biologique de 400 à 600 jours). Dans les végétaux, 80 % de la quantité de tritium liée à la matière organique est intégrée aux molécules de structure (lignine, cellulose), le tritium est alors fixé à demeure.

Ainsi, après ingestion d'une nourriture tritiée, l'activité fixée dans les tissus est plus importante qu'après ingestion d'eau tritiée. Divers mécanismes peuvent alors conduire chez l'homme au marquage en tritium de certaines macromolécules comme l'ADN. L'élimination du tritium étant alors très lente, les problèmes radiologiques posés sont beaucoup plus aigus. En effet, les rayonnements bêta du tritium peuvent réaliser sur le long terme (période de 12,3 ans), et au coeur même du matériel génétique des êtres vivants, des cassures et mutations des chromosomes induisant un risque de cancérisation et de mutations génétiques.

Ainsi, sous leur forme tritiée, la leucine (précurseur des protéines), l'uridine (précurseur de l'ARN) et la thymidine (précurseur de l'ADN) sont respectivement environ 10, 100, et 1 000 fois plus toxiques que l'eau tritiée (4). Selon certains auteurs, la toxicité du tritium incorporé à la thymidine pourrait être 10 000 fois supérieure à celle de l'eau tritiée. Sous forme d'arginine tritiée, autre acide aminé, la toxicité serait plus importante encore (5).

D'importants travaux sont en cours sur ces questions, en particulier au Japon. Le laboratoire de l'Université de Tokyo (Laboratory of Radiation Genetics and Chemical Mutagenesis) a mis en évidence l'effet du tritium sur l'induction de mutations sur une plante (Tradescantia) à de faibles doses de contamination.

L'Institut National des Sciences Radiologiques du Japon a montré que les différents effets du tritium sur des cellules de mammifères (destruction, mutation ou induction de cancers) étaient plus importants qu'on ne le croyait.

La radiotoxicité du tritium semble avoir été largement sous-évaluée et peu de travaux existent sur les effets à long terme, notamment génétiques, de la contamination par ce radioélément.

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.Source : Tritium (Criirad, Bruno Chareyron 2007

 

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