|

Cadarache : en savoir plus

Le centre de Cadarache a été créé par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) le 26 octobre 1959 principalement pour étudier une nouvelle filière de réacteur : les réacteurs à neutrons rapides (RNR). Le premier prototype de ce type de réacteur (Rapsodie) y a été construit. le suivant Phenix a été construit sur le site de Marcoule et exploité jusqu'en 2008. 
__
Le centre d'études nucléaires de Cadarache est l'un des plus importants centres de recherche et développement pour l'énergie nucléaire en Europe; il comprend 19 installations nucléaires de base - dont une usine fabrication de combustible MOX à l'arrêt et en démantèlement- et des installations exploitées par le CEA, l'Institut de Radioprotection et Sûreté Nucléaire, des filiales d'AREVA (AREVA NC, et AREVA TA), le projet ITER et des sous-traitants. Les activités du centre du CEA/Cadarache sont réparties autour de plusieurs plates-formes de recherche et développement sur l’énergie nucléaire (fission et fusion).

Après l'arrêt de la production en 2003, dans le cadre du programme "MOX for peace" (!!!) , les ATPu ont traité 140 kg de plutonium militaire d'origine américaine le but étant des les rendre à un usage civil et des les bruler dans des réacteurs de production électrique. Cette opération a été réalisé dans un but de démonstration de faisabilité et non de production industrielle, la masse total de plutonium militaire à retraiter (entre russes et américains) étant estimée à 34 tonnes. Cadarache est situé sur un site de 1 625 hectares (dont 867 clôturés) au confluent du Verdon et de la Durance, sur la commune de Saint-Paul-lez-Durance dans les Bouches-du-Rhône, à une quarantaine de kilomètres au nord d'Aix-en-Provence, aux confins de trois autres départements (Alpes-de-Haute-Provence, Var et Vaucluse).

Cadarache, c’est un centre nucléaire  de 1600 hectares dans les Bouches-du-Rhône et le centre de recherche le plus important du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA). Il compte 480 bâtiments et emploie environ 4500 personnes.

Ses partenaires implantés sur le site sont le groupe Areva à travers 3 établissements :
AREVA NC (traite des rebus de fabrication de MOX )
AREVA TA ( exploitation des installations dédiées à la propulsion nucléaire navale)
AREVA NP Intercontrôle (contrôle des composants de centrales nucléaires )
L’IRSN ( Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire ) est également partenaire.

Cadarache compte 19 Installations Nucléaires de Base (INB) dont 1 Installation Nucléaire de Base Secrète-Propulsion Nucléaire (INBS-PN). Il comprend aussi 40 « Installations Classées  pour la Protection de l’Environnement »(ICPE) dont 30 ICPE à caractère nucléaire.

Le site de Cadarache est situé sur la faille d’Aix-en-Provence - Durance, la plus active de France et à proximité d’une autre, celle de la Trévaresse qui a généré le plus grave séisme jamais enregistré en France il y a un siècle exactement ( 1909, intensité IX)

1. Les réacteurs de recherche :

. CABRIINB24 (étude du comportement et résistance des combustibles nucléaires en situation accidentelle ) Programme international ( l’OCDE ) A l'arrêt depuis 2002  pour un changement de configuration et  un renforcement antisismique.

. EOLE** INB42   (études des cœurs des réacteurs nucléaires des centrales à eau légère et à eau bouillante REP et REB )

. MASURCA**INB39 (études sur les réacteurs à neutrons rapides ; utilise un combustible à 54% de plutonium dans un cœur de type Superphénix. A l’arrêt actuellement avant rénovation )

. MINERVE**INB95 (études neutroniques au sein des combustibles nucléaires, uranium plutonium et MOX)

. PHEBUS INB92 (études d’accidents hypothétiques dans des REP )

. HARMONIE INB41 (mis à l’arrêt en 1997 et démantelé ; déclassement  proche )

. RAPSODIE  INB25 (arrêté en 1983 à cause de fuites. Etudes du démantèlement en cours)


2. Les installations d’études, de conditionnement de combustibles et de déchets ou de fabrication de combustibles :

. Leca-Star**INB5,  Laboratoire d’examens sur les combustibles irradiés ( LECA) et traitement et reconditionnement de combustibles irradiés ( STAR)

. L’ATPu ou usine MOX**INB32, installation industrielle fabriquant du MOX  exploitée par AREVA (50 tonnes de plutonium y ont été traités !) dont la fermeture demandée en 1995 par la DSIN (direction de la sûreté des installations  nucléaires) pour non-conformité aux normes parasismiques a finalement eu lieu en juillet 2003!…mais 140Kg de plutonium américain arrivaient là en septembre 2004 pour la fabrication  de quatre assemblages combustibles MOX pour les Etats-Unis. Démantèlement commencé en 2009

. Le Laboratoire de Purification Chimique**INB54 (LPC)chargé du contrôle-qualité de la production de l’ATPu  et du traitement des rebuts de fabrication. En démantèlement depuis début 2009.

. Le Laboratoire d’Etudes et de Fabrications expérimentales des Combustibles Avancés**  INB123  (LEFCA)s’intéresse à la recherche et au développement sur les combustibles à base de plutonium. Il comprend une chaîne d’assemblages expérimentaux  destinées aux essais d’irradiation.

. Chicade INB156 s’occupe du traitement des déchets liquides, des procédés de décontamination et du conditionnement de déchets solides.

. L’irradiateur de Cadarache INB121 (IRCA) servait à étudier le comportement de bitumes ou d’enrobes sous irradiation. Démantelé et déclassé en 2006.


3. L’installation nucléaire de base secrète-propulsion nucléaire (INBS-PN) :

.  Cette installation accueille l’ensemble des moyens d’essais pour la propulsion nucléaire (sous-marins et porte-avions) et appartient à la catégorie des installations nucléaires de base secrète (INBS). Elle comprend six installations : - l’installation de fabrication et gestion des combustibles - l’installation pour la qualification de prototype - l’installation Azur pour la qualification de nouveaux cœurs - l’installation PAT (prototype à terre) mise à l’arrêt depuis 1998 - l’installation Réacteur Nouvelle Génération (RNG) pour la qualification de composants, arrêté depuis fin 2005 et qui devait être remplacé par l’installation Réacteur d’Essais à Terre (RES) vers la fin 2008….

Plus de 200 tonnes de déchets provenant des réacteurs d’essais de la propulsion navale sont   entreposées     dans    l’installation « propulsion navale » (PN)


4. L’entreposage de matières fissiles ou de déchets radioactifs

Cadarache évalue à  36 000 m3 son volume de déchets radioactifs qui va du vrac de « très faible activité » au sous-produits de plutonium de « haute activité à vie longue »

. Le Magasin de Stockage d’uranium enrichi et de plutonium**INB53 appelé aussi Magasin Central de  Matières Fissiles (MCMF) devrait fermer en 2010 pour fragilité en cas de séisme  et être remplacé par l’installation Magenta.

A coté de ces unités, il existe plusieurs entreposages de déchets radioactifs dans des  conditions surprenantes pour un site qualifié de sismique :

. Le parc d’entreposage de déchets radioactifs** INB56  450m3 de déchets de catégorie A, 6200m3 de déchets de catégorie B et peu irradiants, 2700m3 de déchets faiblement radioactifs mais contenant du radon. Il comporte onze hangars :

Les hangars n° 2 à n° 9 abritent 3960 fûts de boue contaminée avec du plutonium et de l’uranium, 6 fosses doublées de béton renforcé d’asphalte renferment plutonium ou uranium pyrophorique, trois piscines contiennent d’anciens combustibles, 5 tranchées en pleine terre renferment des déchets contaminés en partie par du plutonium (ces déchets devraient être repris par le CEA  en raison  des risques de contamination de la nappe phréatique proche ) et un entreposage pour des déchets très faiblement radioactifs.

. Pégase-Cascad INB22 La piscine et le bassin du réacteur Pégase arrêté en 1980 et converti pour le stockage « provisoire » de 2714 fûts de 100 litres renferment 65 Kg de plutonium, 50 kg d’uranium naturel et 232 Kg d’uranium appauvri. Cascad,  extension de Pégase, sert à l’entreposage à sec de combustibles irradiés depuis 1990 (46 t de combustibles en 2000 )

. La Station de Traitement des Effluents actifs et des Déchets SolidesINB37 (STEDS) traitement des effluents liquides radioactifs et conditionnement des déchets solides.

. L’installation CEDRA INB164 ( Conditionnement et Entreposage des Déchets Radioactifs) Il s’agit de l’entreposage de déchets de catégorie B dans 6 bâtiments totalisant 10700m2 au sol.  11000 m3 de déchets devraient y être entreposés . mise en service de son unité d’entreposage depuis 2006, celle de son unité de traitement en 2010.


5. Et le site de Cadarache poursuit son développement :

. L’entreposage en surface des résidus radifères en provenance de l’usine Rhône Poulenc de la Rochelle dans deux bâtiments  (enquête publique RHODIA-CEA terminée le 18 février 2000 ) a été autorisé lui aussi par le Préfet. Si la dalle de base de ces deux édifices a été calculée pour pouvoir résister à un séisme Séisme Majoré de Sécurité (SMS) d’intensité IX, ce n’est pas le cas de la structure du bâtiment ni de son aménagement intérieur, les fûts étant empilés sur quatre niveaux.

. Le Réacteur d’Essais à Terre (RES), dont la création a été autorisée fin 1999, comprend une piscine d’entreposage de combustibles irradiés d’une surface de 5500m²  et une partie réacteur. Il devait prendre le relais du RNG et entrer en service fin 2008…

. Le Réacteur Jules Horowitz**(RJH), Recherche sur le comportement des combustibles et des matériaux pour les centrales nucléaires. Mise en service horizon 2014.

. AGATE,(Atelier de Gestion Avancée et de Traitement des Effluents ) Remplacera la STEDS. Mise en service 2010

. MAGENTA, Magasin d’entreposage pour les matières nucléaires solides non irradiées remplacera le MCMF (magasin central des matières fissiles) en 2010

. ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor ) gigantesque réacteur expérimental concernant la fusion thermonucléaire. Ce projet, aux chances de succès quasi nulles (rien à attendre avant un siècle ) est un gouffre financier (plus de 15 milliards €….et 467 millions € pour la région PACA.)  et n’est ni propre ni sans danger :  33 000 tonnes de déchets rendus radioactifs par l’emploi de tritium et les neutrons. En chantier depuis 2007.

Il faut parler aussi des transports routiers : en 2007, le flux de véhicules  de transport de matières radioactives entrant ou sortant du site de Cadarache est estimé par le CEA à 1 043 véhicules.


Le Centre de Cadarache est une menace pour nos vies!

Il est totalement insensé d’avoir placé sur une zone sismique aussi active un si grand nombre d’installations nucléaires et bâtiments d’entreposage de déchets radioactifs. En cas de séisme ou de grave accident, les retombées radioactives et la dissémination de plutonium dans l’atmosphère et les rivières, pourrait transformer pour des milliers d’années la Provence en zone interdite, vidée de ses habitants.

Il est urgent d’assainir et de dénucléariser le centre de Cadarache tout entier pour le transformer en centre de recherche sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables, seules vraies solutions d’avenir préservant notre planète et les générations futures.et qui généreraient bien  plus d’emplois.

Avec ses 58 réacteurs nucléaires, ses nombreuses poubelles radioactives, la France est un véritable terrain miné, une zone de tous les dangers. Alors que la plupart des pays d’Europe sortent progressivement du nucléaire, la France est à contre courant et veut imposer avec  la construction en cours du réacteur EPR à Flamanville, une relance du nucléaire, sans qu’aucune alternative n’ait jamais vraiment été envisagée.

Le nucléaire dégage aussi du CO2 et ne couvre que 2,4% de la consommation mondiale d'énergie : une part si faible qu'elle a une influence quasi nulle sur le climat.

Les solutions pour sortir du nucléaire ne manquent pourtant pas mais le lobby nucléaire bloque toute évolution vers des énergies plus propres et dilapide des milliards  de crédits de recherche.

Le recours à l’énergie nucléaire est irresponsable et inacceptable : risques de catastrophe, production de déchets, rejets radioactifs dans l’environnement, prolifération à des fins militaires,  et condamnation des générations futures.  
 
_____________
** : Installations manipulant du plutonium

Sources : site CEA Cadarache - La France nucléaire 2002 Davis. M.  - Wise-Paris -J.Muller / D.Nury  Sur les dangers du site nucléaire de Cadarache placé sur la principale faille active  de Provence–   dernière mise à jour février 2010
 

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce billet